Thèses dirigées par Serge PaugamAnne Unterreiner Identité et intégration des enfants de couples mixtes. Une étude comparative en Europe
Résumé : La recherche portant sur l’identité et l’intégration des enfants de couples mixtes a pour objectif de voir en quoi les conceptions de la Nation en France, en Allemagne et en Grande-Bretagne influent sur les définitions de mixité et d’altérité dans ces pays. Ces trois pays sont comparables en termes de niveau de développement, de taille de population et sont des pays d’immigrations anciennes. Cela dit, leurs politiques migratoires ont longtemps divergé, tant en terme de politiques d’intégration, de droit de la nationalité ou encore de lutte contre les discriminations. Les Etrangers sont ainsi traditionnellement définis différemment en France, en Allemagne et en Grande-Bretagne. Ceci influe sur la définition de couple mixte et de celle des enfants issus de ses unions. Et d’après les conclusions de l’enquête E.F.F.N.A.T.I.S. (Effectiveness of National Integration Strategies Towards Second Generation Migrant Youth in a Comparative European Perspective), les modèles d’intégration affectent l’intégration des descendants d’immigrés malgré une certaine convergence entre ces pays. Il semble nécessaire de distinguer entre enfants de couples mixtes et enfants de parents nés dans un même pays étranger. Rares sont les enquêtes ayant effectué une telle distinction. Mais celles-ci ont montré des écarts significatifs entre ces deux groupes. Les enfants de couples mixtes sont ici définis selon deux critères. Les parents doivent, d’une part, être nés dans des pays différents et y avoir grandis. Ils doivent, d’autre part, avoir une nationalité différente l’une de l’autre à leur naissance. Une telle définition permet de distinguer les personnes ayant a priori été socialisées dans un contexte intrafamilial interculturel des autres. Ceci ne signifie pas pour autant que les critères de définition présentés ici correspondent à la définition de la mixité. Mais, grâce à une définition objective de la population étudiée dépassant le sens commun, il est possible de comparer les définitions de la mixité en France, en Allemagne et en Grande-Bretagne. L’articulation entre enquête qualitative par entretiens semi-directifs et enquête quantitative permet une analyse plus complète des enfants de couples mixtes. Alors qu’une enquête quantitative apporte des informations identiques sur une population enquêtée théoriquement représentative de la population que l’on cherche à étudier, une enquête qualitative permet d’analyser le discours de certains individus de la population étudiée. Les bases de données « Trajectoires et Origines », le « British Household Panel Survey » et le « Mikrozensus (2005) » sont ainsi exploitées pour analyser l’intégration scolaire et professionnelle des enfants de couples mixtes dans ces trois pays. Et les entretiens semi-directifs s’attachent à mettre en lumière l’expérience vécue des enquêtés par rapport à la mixité ainsi que leur interprétation de celle-ci. L’objectif, suivant les théories de la déviance, est de voir où se situe la frontière entre personnes appartenant au groupe et personnes en dehors de celui-ci. Afin de comparer des enfants de couples mixtes évoluant dans un contexte sociétal comparable dans ces trois pays, il a été décidé de rencontrer en entretien des individus ayant vécu ou vivant encore dans trois pôles urbains comparables en termes de développement économique et de part de la population étrangère dans la population totale, c’est-à-dire l’Ile-de-France, la région de Londres et celle de Francfort/Main. Version imprimable | retour liste
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